Le Bison participe dès samedi à son 3 ème tour de France !

28 juin 2017 - 20:35

A la découverte d'un beau et bon coureur, attachant et fidèle à ses valeurs et ses racines

Retrouvez l'interview d'Adrien PETIT réalisé et publié ce jour par la Voix du Nord.

 

Adrien Petit, le « bison arrageois » à l’assaut de son troisième Tour de France

Le coureur de l’équipe Direct Énergie s’élance ce samedi de Düsseldorf, en Allemagne, au départ de la plus grande course cycliste du monde. Ses débuts, son nid à Arras, l’ambiance dans le peloton, ce qui lui trotte dans la tête pendant les étapes de montagne, son père… On scanne le champion.

Par Fabien Bidaud | Publié le 28/06/2017

  Sous les arcades la grand-Place d’Arras, avec son amie Floraline. « J’adore ma ville ! Chez Cofidis, ils se foutaient de moi. La plupart de cyclistes habitent sur la côte d’Azur... » PHOTO SÉVERINE COURBESous les arcades la grand-Place d’Arras, avec son amie Floraline. « J’adore ma ville ! Chez Cofidis, ils se foutaient de moi. La plupart de cyclistes habitent sur la côte d’Azur... » PHOTO SÉVERINE COURBE

 

– Le premier souvenir de souffrance sur la selle ?

« Mes premiers championnats de France cadets. J’ai 16 ans, ça fait trois mois que je fais du vélo. Il y a une chute dans le premier tour et je me retrouve dans les barbelés, bien arraché… Là, je me dis que ce n’est pas au cours de mes onze ans de foot que j’ai connu ça ! Le vélo, c’est beaucoup d’heures de travail dans l’ombre pour briller juste de temps en temps. Mais je n’ai aucun regret. Quand je sors rouler et qu’il fait beau, je fais le plus beau métier du monde ! On se remet souvent en question, mais il ne faut pas oublier la chance qu’on a. Beaucoup de monde aimerait être à notre place. »

« Celui qui me faisait rêver, c’est Boonen »

– Vous vouliez être qui, plus jeune ?

« Celui qui me faisait rêver, c’est Boonen. J’ai eu la chance de courir avec. Il gagne son premier Paris-Roubaix et les championnats du monde à 24 ans… Je ne lui ai jamais dit que c’était mon idole quand j’étais jeune. Il est très abordable, gentil. Plus que certains… »

– Le plus sympa du peloton, justement ?

« En tout cas, un qui ne se prend pas la tête, c’est Richie Porte [que d’aucuns annoncent comme le futur vainqueur du Tour]. Il va dire bonjour à tout le monde. Après, il sait bien que ce n’est pas moi qui vais aller le chercher en haut du Tourmalet. Sagan ? Je n’ai pas d’affinités avec lui. Mais sa façon de faire du vélo, c’est ce que les gens adorent. Il a une habileté incroyable sur un vélo… »

– On cause de quoi, dans le peloton, sur le Tour ?

« Le Tour, c’est particulier. Il y a un tel enjeu que c’est nerveux toute la journée, il n’y a pas vraiment de temps mort. Même sur les étapes de la première semaine où on a l’impression que c’est cool, ça ne l’est pas. C’est à ce moment-là qu’il faut se faire sa place et se faire respecter. Montrer que ce n’est pas toi qui va mettre le coup de frein. J’aime bien ça, sinon je m’ennuie. En plus, pour la première fois cette année, les étapes seront diffusées à la télé dès le premier kilomètre. Il est possible qu’il y ait plus de bagarres. »

« Ce qui est horrible c’est d’être dans le grupetto, en train de calculer les délais »

– Qu’est-ce qu’on se dit en bas du 5e col de la journée, quand on n’est pas grimpeur ?

« On est content ! Ce n’est pas celui-là le pire. Le pire, c’est le premier, quand il en reste plein derrière. Ce qui est horrible c’est d’être dans le grupetto, en train de calculer les délais. Tu penses à la descente, à tout… Quand tu attaques le dernier col et que tu sais que le premier a déjà passé la ligne, tu peux savourer… Une étape de montagne, je reste concentré. J’écoute ce qui se dit dans l’oreillette, sur les motos. J’arrive à entendre ce qui se passe à l’avant. Chacun sa course, moi je ne suis pas fait pour ça. On peut penser que le grupetto, c’est la frisette [c’est tranquille], mais non. Avant, on a dû batailler à bloc pour être dans les délais ! Monter des cols à bloc avant de prendre le grupetto, c’est la satisfaction de la journée. »

 

Adrien Petit à Arras. PHOTO SEVERINE COURBE Adrien Petit à Arras. PHOTO SEVERINE COURBE

 

– Pourquoi le bison ?

« Ce surnom, ça remonte à mon premier stage chez Cofidis. Je fais les sprints avec Samuel Dumoulin et Leonardo Duque, le Colombien. J’arrive tout juste, c’est mes premiers tests et je les bats. Duque dit : tu as une force de bizonte ! Dumoulin ajoute : c’est le bison d’Arras ! Ça ne me dérange pas. C’est mieux que le Blaireau [le surnom de Hinault]. »

– La plus grosse troisième mi-temps d’après victoire ?

« On en a pris une belle après les championnats du monde espoirs, à Copenhague, avec Démare. Il fait 1er et moi 2e. On était dans une suite, on avait une superbe vue sur le stade. »

« C’est après quatre ou cinq heures de course que je commence à être bien »

– Le rôle du papa ?

« Il m’aide pour les entraînements. Je pars trois heures tout seul et il me rejoint à moto, on fait les deux dernières heures à 55 km/h. Avant Roubaix, j’ai fait 7 h avec lui : on a fait Arras – Mers-les-Bains aller/retour. 250 bornes, pour préparer l’organisme. J’ai une bonne résistance. C’est après quatre ou cinq heures de course que je commence à être bien. Dans les échappées, je suis à la peine au début et souvent mieux que les autres à la fin. »

On est bien à Arras ?

« Je suis fier de ma ville, j’adore ! On se foutait de moi chez Cofidis quand j’avais dit que je ne quitterai pas Arras. Beaucoup de cyclistes partent sur la côte d’Azur. L’hiver, je pars un bon mois dans le sud de l’Espagne. Quand tu roules 30 heures par semaine et qu’il pleut, ce n’est pas facile. Je suis parti 200 jours par an. Le reste du temps, je suis ici. Mon plaisir, c’est boire un verre place des Héros. »

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